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31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 19:26

Orthographe et hortographe*

(En toutes choses, glisser des effets de sens, et de non sens).

L'orthographe peut se résumer à cinq règles :

1. Tout le monde peut se tromper.

2. Il n'y a aucune excuse à se priver du correcteur orthographique de son logiciel.

3. L'élégance s'apprend, l'orthographe aussi — même si c'est plus long.

4. Les dyslexiques sont excusés ; ceux qui ont appris à lire avec la méthode globale aussi.

5. Quand on veut, on peut. En tout cas, on peut demander à quelqu'un de vous aider.

———

* L'hortographe – du latin hortus, le jardin – serait l'art de jardiner les mots. Ou de cultiver sa syntaxe, son lexique [en français : la grammaire et le vocabulaire] et son style.

L'orthographe se limite à passer le rateau et la binette ; c'est déjà bien.

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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 10:27

J'avais lu dans le Monde du 28 mars 2013 un article donné*. J'allais ensuite regarder les commentaires. On ne sait jamais, je peux tomber sur des apports intéressants.

(Je rigole : au vu de la prolificité des trolls dans les forums, je n'y vais que pour apprendre le détachement intérieur.)

 

Je tombe sur le commentaire d'un certain Cambronne : « Perso, quand je commence un article et que je lis "une entreprise basé à...", j'arrête de lire. »

Je crus que Cambronne déplorait l'usage de "baser". Il y eut en effet, entre académiciens, une grande bataille au début du 19e siècle sur l'emploi de ce mot, concurrent de "fonder". L'un des hommes en vert (pas un elfe, pourtant), Royer-Collard, eut ce mot célèbre : « S'il entre, je sors. »

Le mot sortit ; Royer-Collard put rester. Ah, on savait se battre à l'époque !

 

Hélas pour moi, Cambronne n'était pas du côté de Royer-Collard, mais il défendait la grande cause des accords. Or, obnubilé par le traître "baser", je n'avais pas détecté la faute sur "une entreprise basé à...".

Morale : on ne lit pas toujours ce qui est réellement écrit, mais ce que l'on s'attend à trouver ; ce qui, en soi, est une source d'efficience. Notez d'ailleurs que depuis quelques mois je suis de plus en plus efficient, compte tenu des fautes que je fais maintenant, que je ne faisais pas avant.

 

Quant à Cambronne, je lui dis « M... » : pas de pitié pour les ayatollahs de l'orthographe. Non mais !

Mais vous avez le droit de me signaler mes fautes.

* article sur « une cyberattaque contre une entreprise de lutte contre le spam ».

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 15:32

Le souci de l'orthographe agite encore certains forums.

Mais en faire un métier est aussi prometteur que de vouloir relancer les techniques de la chasse au mammouth.

 

Le blog d'Hubert Guillaud constate la mort programmée des correcteurs, des traducteurs et autres agents de l'Edition.

 

http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2011/09/26/bookcamp4-leconomie-de-la-correction/

 

Pour résumer : à quoi bon payer quelqu'un, quand vous avez des logiciels de correction
(comme Prolexis), ou de traduction ?

 

Passons à autre chose.

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30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 21:43

Mon chauvinisme exécrable revenant au galop, je voudrais vous faire constater que si l'anglais est pragmatique et direct, le français aime la clarté que donnent les (grands) espaces. 

 

De fait, l'Ango-saxon ne supporte point les espaces insécables. Du moins je le suppose, car je n'en vois nulle trace dans ses écrits.

 

Preuve (a) : quand nous écrivons 1 768 345 €, l'Anglais posera  £1,426,677 (taux du 30 juin 2012). 

Quant aux Américains, il font de même, soit $2,239,555. 

 

Preuve (b) : vous savez que certains de nos signes de ponctuation doivent être précédés d'un espace. En fait tous les signes autres que le point, la virgule, et la parenthèse ouvrante (et le crochet [, et l'accolade {).

Or les anglo-saxons n'en mettent jamais.

 

Exemple : She said: "Oh, Lord! Is it you?".

Traduction : Elle dit : « Oh, Seigneur ! Est-ce vous ? »

 

Donc, si l'Anglais se passe d'espace insécable, en revanche nous voilà fort ennuyés dès que nous allons écrire sur une application où manque ce signe*.

Car rien n'est plus navrant que des fins de ligne mal coupées. Exemples tirés des meilleurs auteurs :

  • xxxxxxuand nous écrivons 1 768
    345 €, l'Anglais posera £1,426,677 (au taux du 30
    juin 2012).
  • xxxxxxxxxxle dit : « Oh, Seigneur
    ! Est-ce vous ? »

Moralité : il faut savoir parfois tolérer les écarts aux bons usages.

Mais je souffre.

 

 

 

*L'espace insécable existe sur tous les logiciels bureautiques, ou de PAO, avec souvent un racourci clavier. Ainsi, c'est ALT+Espace sur Word sous Mac, Alt+Cmd+X sur Indesign, etc.

 

 

 

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 17:15

On sait la difficulté des jeunes enfants à intégrer la règle du pluriel des noms en "-al". Prenons le cas du cheval. Il est vraisemblable qu'il y a là, pour les gones, plus qu'un changement de flexion : un changement d'espèce. "Ah, j'ai vu des chevals ! " – Non, c'est des chevaux. – Ah bon ! pourtant j'aurais cru que c'était des chevals." 

 

Aussi, je me suis demandé* récemment par quelle perversité notre langue avait inventé des pluriels en -aux et des pluriels en -als (chacals, carnavals, festivals...)**.

 

La réponse est partiellement simple. Autrefois, les mots en "-als" se prononçaient "-aü". Un [cheval], des [chevaü]. [aü] est devenu [o]. Comme en parallèle, les copistes raccourcissaient "ls" en "x", les chevals sont des devenus des chevauls, puis des chevaux. 

 

Mais pourquoi les mots introduits en France après cette évolution phonétique n'ont-ils pas subi la même règle ? Oui, pourquoi les gavials, les caracals, les rorquals et les chacals ont-ils gardé leur "al" ? Je ne vois qu'une explication. Les Jésuites, en charge de l'enseignement du français dans les pays où se trouvaient les gavials, les caracals et les chacals (mais pas les rorquals), ont hésité à transformer de sympathiques carnassiers en gaviaux, chacaux et autres caracaux.  Les indigènes, indignés, les auraient crucifiés. Comme le dit le proverbe : "on ne fait pas de vieux "aux" en pays nouveau."

Quant à festival et carnaval, importés qui d'Angleterre, qui d'Italie, bien après le XVe siècle, les règles d'importation des mots empêchaient qu'ils fussent déformés. Souvenez-vous qu'on écrivait jusqu'il y a peu : des scénarii, des matches (de football).

 

Alors je me demande : et si on revenait à un cheval, des chevals ? La langue en serait rajeunie, les enfants se casseraient moins la tête.

 

Et si ça marche, je proposerai, pour rajeunir encore plus, qu'on revienne au latin : twitteo, sed non te kiffeo (je twitte, mais je ne t'aime pas).

 

 

 

* "Aussi me suis-je demandé..." eut été plus correct. Mais bon...

** Pour maîtriser les exceptions, voir par exemple :  http://monsu.desiderio.free.fr/curiosites/plur-al.html

ou plus complet : http://fr.wiktionary.org/wiki/Annexe:Pluriels_irréguliers_en_français

 

[Un ami linguiste me fait remarquer qu'on se soucie bien trop du sort des petits Français. Ainsi, en peul , « un peul se dit pullo (c'est l'origine du mot peul) mais au pluriel [p] se change en [f] et le suffixe de classe [o] devient [ɓe] : le pluriel est donc: fulɓe. De même, "un mari" se dit gorko, et "des maris", worɓe. » – Je laisse mon ami avec ses classes. On observe aussi des classes en wolof ; je comprends mieux que Lepold Senghor ait préféré devenir agrégé de français : c'est beaucoup plus simple.]

 

Ma bataille pour un retour à des chevals est un combat d'arrière-garde. En effet, les Quebecois ne m'ont pas attendu : une légende urbaine leur dit que les Français prescrivent le retour à cette forme. (http://www.druide.com/points_de_langue_14.html)

 


 

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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 22:06

Je fus longtemps à ignorer que l'on disait "de façon que", insérant dans cette locution conjonctive le même "à ce" inutile que l'on retrouve dans "de manière à ce que", "je m'attends à ce que"...

 

Mais, il y a quelques années, je découvris cette forme, nouvelle pour moi, étrange d'abord par son aspect peu familier, comme le sont d'autres fautes de langage que je peux faire, de cœur avec la majorité des locuteurs du français. 

 

Je m'en emparais, me mis à la pratiquer, ou plutôt la rangeai soigneusement dans la liste des solécismes à éviter. Car, je l'avoue, je l'emploie assez peu. Mais je me flattai de la connaitre. 

 

Je dois préciser que je fus, pendant longtemps, un ayatollah de l'expression. J'avais fait de Ce français qu'on malmène (de Berthier et Colignon) mon livre saint. Le dictionnaire des difficultés de la langue française (Larousse) s'écornait furieusement, tant je l'utilisais. Et le rayon des divers utilitaires (je ne parle pas des Kangoo) occupe bien 2,40 m de mes étagères.

 

Je fus sauvé de cet intégrisme par Henri Frei. Sa Grammaire des fautes (1929) m'a démontré qu'on ne lutte pas contre les évolutions du langage. Certes, je serai l'un des derniers à prononcer, par pure affectation, "œsophage" ou "Œdipe" avec le son [é], comme le voudrait la règle. Je m'applique encore à faire sentir le "h" aspiré des haricots et du handicap. Mais je n'ose pas, très lâchement, dire "aiguiser" comme on prononce "aiguille". 

 

De même, je fais comme tout le monde : je remplis mon verre, je rajoute une précision, je me rapproche de la table... Il y a moins d'un siècle, on aurait dit : j'emplis mon verre, j'ajoute une précision, je m'approche de la table...

 

On voit donc bien que si l'écriture se simplifie dans les textos, elle s'alourdit dans l'oral (puis dans l'écrit, à nouveau).

Certes, la redondance est nécessaire dans les contextes de "bruit". Ainsi, "Je sors dehors" n'est pas véritablement un pléonasme. On sent intuitivement qu'il faut marquer la rupture avec le "dedans" où l'on est. Et puis, bon, il y a tellement de façon de sortir : je sors ce soir ; je sors le chien ; je saurais bien y faire...

 

Mais, à l'écrit, faites un effort : chassez le superflu, l'inutile. Soyez simple, soyez direct.

Soyez-le, de façon que vous sentiez de nouveau une fraicheur, une fragrance revigorante dans votre expression.

 

Et ne faites pas comme moi : faites court.

 

 

 

Lien, pour tout savoir sur "de façon que / de manière que" :

http://www.etudes-litteraires.com/forum/topic1970-de-maniere-que-ou-de-maniere-a-ce-que.html

 

Henri Frei, La grammaire des fautes, ennoïa, 2007 (réédition de l'ouvrage paru en 1029)

 

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  • Agro Montpellier, Iface. 61 ans. Formateur-consultant. Les mots, le sens, la transmission. Lyon. Expression écrite et formation.
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