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31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 17:24

Encore un mot dont on se dit qu'il est bien compliqué s'il veut seulement signifier "nom commun".

Heureusement, il y a Findus, le CNRTL et Wikipédia.

Si Findus est de peu d'utilité en l’occurrence, le CNRTL nous en apprend un peu.

D'abord, distinguons – on apprend à tout âge, du moment qu'on reste curieux – le nom substantif et le nom adjectif. Le premier est un nom signifiant une substance ou un être ayant une existence propre. Le second, ah, ah, est l'adjectif de notre jeunesse (voir Wikipédia).

Ensuite, revenons à l'essentiel : « Unité du lexique caractérisée par blablabla... et correspondant sémantiquement à la constitution d'une classe d'objets. Synon. nom.

Ben voilà : "substantif" = "nom".

C'était bien la peine.

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31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 17:19

Il y a parfois des questions qui surgissent au détour d'une expression. Il m'aurait bien convenu de dire que j'étais assez fouillis. Je m'étonnais alors de cet adjectif qui ne me semblait pas avoir de féminin : "elle est fouillie ?". Certes, non.

En effet, "fouillis est un substantif [voir la différence avec un nom commun].

Nous voilà mal barrés.

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25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 22:19

Comment rédiger une lettre de motivation ? On peut être très compétent, et ne pas savoir le dire ; ou, pire, induire l'idée de son incompétence. Pourtant, écrire n'est pas si difficile. Il suffit de vérifier que l'on parle français. Nous l'allons montrer tout à l'heure, comme disait La Fontaine, dans ce texte trouvé sur internet.

 

Bonjour,

Les parcours de formation – professionnelle et initiale – me motivent.(1)

Je souhaite m'impliquer sur un poste en entreprise ou en organisme de formation (2).
Force de proposition (3) ; sens pédagogique, rigueur budgétaire et relationnel aisé me donnent l'atout de fédérer l'équipe autour des projets(4).

Je possède trois champs de compétences additionnelles d'interventions (5) : thématique Relation client, techniques de commerce international, culture assurances professionnelles et particulier.

j'ai aussi la forte valeur ajoutée (6) d'avoir travaillé en temps partagé. Le résultat est ma solide adaptabilité (7).
Mon goût pour l'analyse des besoins de formations et une compréhension rapide des problématiques de formation renforcent mon aptitude professionnelle à mettre en place des référentiels et programmes ajustés et pertinents, conformes aux évolutions pédagogiques, sociales, économiques, et techniques (8).
Ce qui me définit le plus est la ténacité et le sens du relationnel pour développer un portefeuille et produire des formations proactives et innovantes (9).
Je participe incontestablement au rayonnement de la structure (10).
Si votre besoin de compétences va de pair avec mes savoirs faire et savoirs être, vous pouvez me contacter pour aller plus avant.

Analyse

1) D'emblée, première alerte : qu'y a-t-il de motivant dans un parcours – en dehors du golf , ou d'une randonnée ? La faille, ici, est dans la perception de ce qui motive réellement. "Construire des parcours de formation me motive" est la réalité.

(2) Vague au possible. Ça veut dire : « J'aimerais travailler chez vous, parce que.... »

Mais Charlotte me rappelle qu'il s'agit d'une lettre de motivation générique, sur un réseau. — Bon, d'acord, Charlotte.  Alors : "Je souhaite autant travailler en entreprise que dans un organisme de formation"  ; parce que "s'impliquer", c'est une évidence.

(3) Cliché, lieu commun, formule rabachée. À proscrire.

(4) Tout y est. Mais attention : en quoi la rigueur budgétaire peut-elle "donner l'atout de fédérer une équipe" ?

(5) Toujours être simple dans son expression : « De plus, je possède trois autres champs de compétences »

(6) Je ne peux lui jeter la pierre de se considérer comme un produit financier : nous avons monétisé l'humain. Mais mieux serait : « J'apporte une valeur ajoutée, celle de ...

(7) Une adaptabilité est forte, grande ; rarement solide. Mais je crois surtout que le caractère impersonnel de la phrase lui nuit. Mieux : J'y ai acquis une forte capacité d'adaption.

(8) La longueur de la phrase, due à l'accumulation de compléments et d'adjectifs, lu donne un aspect "Langue de bois". S'installe une impression : « Je suis sans mentir, le phénix des hôtes de ce bois.»].

(9) Se méfier des mots galvaudés : "ténacité ; sens du relationnel ; proactives ; innovantes". Le doute s'installe : êtes-vous authentique, sincère ? capable de créativité ?

(10) L'immodestie décrédibilise.

Ça donnerait quoi, cher Maître ?

Bonjour,

Je cherche un poste en entreprise ou dans un organisme de formation.

Je vous propose une expérience de cinq/dix... ans dans l'ingénierie de formation.

J'ai bien entendu une solide expertise technique : [exemples].

Mais j'ai aussi montré une capacité à gérer des équipes et des projets, sur le plan tant de leur animation que de l'aspect bugétaire [exemples]

J'ai par ailleurs deux compétences spécifiques : d'une part, la Relation client et les techniques de commerce international ; d'autre part la connaissance des assurances (professionnelles et particuliers).

Enfin, je suis tenace et peux développer un portefeuille.

Comme je l'ai dit en préambule, je serais vraiment heureux d'inscrire mes compétences dans le développement d'une structure.

Pouvons-nous nous rencontrer prochainement ?

Je vous remercie de votre réponse.

 

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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 17:55

Je mis longtemps à aimer les anacoluthes*.

Au début, il y en avait assez peu dans mon jardin, jusqu'à ce que je commence à en trouver de très belles.

Il faut dire que la forme commune est une défaut dans la syntaxe, qui rend la phrase boiteuse, cocasse ou juste lourde.

 

Exemples : « Je trouve que l'euthanasie, si elle était pratiquée dans toute société civilisée, il y aurait de graves conséquences. »

[proposé par le site fis.ucalgary.ca/Brian/ecrire/e-anacoluthe.htm ]

 

Mais les anacoluthes peuvent être  magnifiques.

 

Une des plus belles que j'aie est celle de Pascal, pour laquelle je fus lent à savoir en humer le parfum. Je vous la rappelle : « Le nez de Cléopatre, s'il eut été plus court, la face du monde en aurait été changé. »

 

Et de José-Maria de Heredia (Les conquérants) :

« Chaque soir, espérant des lendemains épiques,

L’azur phosphorescent de la mer des Tropiques

 Enchantait leur sommeil d’un mirage doré ;... »

 

De La Fontaine, 

« Et pleurés du vieillard, il grava sur leur marbre

Ce que je viens de raconter. »

 

Wiki propose aussi : "« Moi, mes souliers ont beaucoup voyagé… » de Félix Leclerc.

 

Variantes, les anastrophes, c'est-à-dire une inversion de l'ordre habituel des mots d'un énoncé pour créer un effet de langue raffiné (dixit Wikipédia).

 

J'en goûte une, de Corneille (Cinna) : 

« Toutes les dignités que tu m'as demandées,
Je te les ai sur l'heure et sans peine accordées. »

 

Encore de Racine (Athalie), très doué en anastrophes ;

« Vous voulez que ce Dieu vous comble de bienfaits Et ne l'aimer jamais ? »

 

Enfin, allez sur Wikipedia...

 

 

* Quand je dis que j'aime les anacoluthes, je me force : la chose est belle en soi, mais le nom me rappelle trop l'anaconda (Eunectes murinus L.) pour que je ne sois point poigné (du verbe poindre) d'une étrange étreinte. 

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27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 21:59

Faire court, ou raccourcir,

Ainsi pense le samouraï : 

"Fais chanter le sabre ou le haïku."

 

 

A peu de mots cantonne ton message.

L'homme s'épuise à lire : limite tes phrases.

Bref, concis, condensé. Com-pen-dieu-se-ment.

 

 

Il fut un temps où glissaient, entre les subordonnées, les incises ou les appositions, des mots extraordinaires, sinon délicats, des tournures à la syncope exquise apprêtées de latinisme, pareilles à des vaisseaux de haute mer partant pour le Nouveau monde. Mais l'idée parfois se délayait ; et quand il était d'usage de s'interdire la répétition d'un même mot dans une page, on n'appelait plus un chat un chat mais le charmant petit félin ; enfin, d'aucuns se complaisaient à construire des échafaudages soporifiques mêlant adroitement les cascades de participes présents, de susbstantifs ou de propositions relatives. 

 

 

(Chut. Faites court. Le petit s'endort déjà.)

 

 

 

Récréation : trouvez les différnces de style entre les deux extraits ci-dessous.

(La princesse de Clèves – Mme de La Fayette)

Madame Élisabeth de France, qui fut depuis reine d'Espagne, commençait à faire paraître un esprit surprenant et cette incomparable beauté qui lui a été si funeste. Marie Stuart, reine d'Écosse, qui venait d'épouser monsieur le dauphin, et qu'on appelait la reine Dauphine, était une personne parfaite pour l'esprit et pour le corps : elle avait été élevée à la cour de France, elle en avait pris toute la politesse, et elle était née avec tant de dispositions pour toutes les belles choses, que, malgré sa grande jeunesse, elle les aimait et s'y connaissait mieux que personne. 

 

(L'étranger – A. Camus)

Aujourd'hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J'ai reçu un télégramme de l'asile : "Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués." Cela ne veut rien dire. C'était peut-être hier.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 09:41

« Vous avez 5 min. »

 

Le temps, c'est de l 'argent. 

Le temps, c'est de la vie.

 

Il devient très difficile d'être lent.

Nos synapses ont sans arrêt besoin de stimulation. 

Il leur faut de l'excitation en permanence : zapper, sauter d'un e-mail à l'autre, d'une réunion à la suivante...

 

Je me souviens de ma première photocopie. 

Un employé avait été formé à l'usage de la machine.

Il officiait, tel un prêtre au baptème.

La thermocopieuse ronronnait.

La copie sortait, gauffre de papier, chaude et brune.

15 à 20 secondes ?

Je n'ose imaginer qu'il en fallût plus.

 

[vous êtes encore là ?]

 

 

Si vous souhaitez voir l'opposé d'un e-mail, jetez un œil à la dédicace de Cinna, que Corneille rédigea à l'intention de M. de Monteron. A l'époque, on avait du temps pour écrire, et pour lire. On se trucidait plus, aussi. Curieux.

http://www.mediterranees.net/histoire_romaine/empereurs_1siecle/auguste/cinna/dedicace.html 

 

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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 20:40

Les propositions de formation à l'expression écrite se ressemblent assez. Se démarquer, l'affaire est difficile. On tentera de jouer de la variation sur Rédiger, S'exprimer, Communiquer par écrit, agrémentés de quelques "avec efficacité", "avec aisance", "vite et bien".

 

On jouera. Mais pas très longtemps, hélas ! car la cruauté des logiques commerciales vous empêchera d'afficher un modeste "Apprendre à mieux écrire", un courageux "Donner de la vigueur à vos textes", ou encore un poétique (ou politique ?) "Pour la clarté". 

 

Justement, regardant ce que propose la concurrence, je tombe sur "Rédiger avec plus d'aisance". Au moins, c'est honnête. On ne vous met pas l'absolu d'un "Rédiger avec aisance". Le plus ici dit le moins, ou à tout le moins, n'en promet pas autant.

 

Il est ainsi de tout petits mots extraordinaires, de cinq lettres au maximum, dont la présence vous bascule une phrase. Après "pa peu pi po pu", je vous propose "pas, peu, un peu" : Il n'a pas de chance ; il a peu de chances ; il a un peu de chance. Variante : Il n'a pas d'argent ; il a peu de revenus ; il a un peu de blé derrière lui. Vous ferez de votre côté des variations sur Très/Trop et vous constaterez que "riche" et con" ne sont pas forcément substitutiables dans une phrase négative : on peut dire "Il n'est pas trop riche" et "Il n'est pas trop con". Mais que signifierait : "Il n'est pas très con" ?

 

Cela étant, "Rédiger avec plus d'aisance" est un objectif laborieux, et triste. Il signale comme symptôme la sueur et les affres de la page écrite, déchirée, refaite et qui vous prend la journée. « Ah oui, j'aimerais rédiger avec plus d'aisance. » A l'arrivée, on est encore malheureux, car rédiger rappelle l'école et le cahier de rédaction. Mais qu'y faire ? Se résigner? Digérer la chose ? Se diriger ailleurs ?

 

Bref, rédiger nous emm... et le Dictionnaire historique de la langue française (Le Robert) nous confirme la face dépressogène de ce verbe. Je résume son histoire : dans le latin médiéval, redigere c'est d'abord ramener à un état inférieur, puis "minuter un acte, un écrit" ;  dès les premiers textes en français, il signifie "mettre par écrit avec ordre et suite" (bonjour la gaité), toujours avec le sens de réduire ; on passe au XVIe siècle à "Résumer par écrit", puis à "écrire, mettre en forme". Enfin, au XVIIIe, on pourra  « rédiger longuement ». Comme on sait, le XVIIIe fut le siècle du progrès.

 

Ainsi, rédiger relève du travail (vous savez : Travailler, du latin tripaliare, torturer). Alors, "Rédiger avec plus d'aisance" nous approche quasiment de l'oxymore, ou sous-entend quelques appétences sado-maso... Mais soyons justes. Il y a simplement ambigüité sur "aisance". En effet, l'aisance est-elle à chercher du côté de la rapidité d'exécution – son stylo glisse avec aisance sur le papier à lettres – ou de l'habileté à jouer de la syntaxe et du lexique, qui demande au contraire du temps ? La rapidité s'obtient en deux jours de formation, l'habileté au fil des exercices de style, de l'amour des mots et d'une certaine jouissance du temps qui passe.

 

Aussi en est-il des formations comme de la vie. Ou bien l'on veut à la fois le beurre et la dot de la crémière, ou bien l'on se suffit du plaisir de voir (contempler ? admirer ? savourer ?) la belle laitière.

 

Le bonheur, parfois, c'est juste de faire les courses. 

 

 

 

 

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  • Agro Montpellier, Iface. 61 ans. Formateur-consultant. Les mots, le sens, la transmission. Lyon. Expression écrite et formation.
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